Instant poésie avec Juliette Elamine
Je reviendrai de la prochaine pluie
mouillé de gouttes de fer,
humide enfer.
Le matin à l’aube, je tourne le dos au ciel ennemi
j’offre mes mains à la terre, patrie.
C’est anecdotique n’est ce pas…
planter des choux des poireaux des radis
c’est l’ici et maintenant de ma vie
en suspens, espace-temps différents.
Je nourris ma famille, mes amis,
des voisins, des inconnus
et demain,
quand le ciel n’enverra plus que les rayons du soleil
sur mon dos fatigué
mon terrain sera le refuge, l’abri
de tous les ventres qui crient.
Si je suis naïf obstiné inconscient, là, dans mon champ
je vois le sang, ça a toujours été mon paysage au Liban,
Que je sois là ou pas,
quand le silence reviendra
j’aurais planté dans la terre
de l’espoir pour mes enfants
premier pas vers le prochain Liban.
Juliette Elamine